Dans le précédent article, on a parlé de la procrastination (le fait de repousser systématiquement une tâche à faire) et de son origine (nos doutes). Or la plupart de nos doutes ne sont pas « réels ». Ils nous viennent d’une peur de ne pas être à la hauteur de l’image que l’on pense que les autres se font de nous. Et ils sont le reflet de notre impression de « tromper » ceux qui nous entourent avec une fausse image parfaite de nous-même. Cela s’appelle le « syndrome » de l’imposteur.e. Dans cet article je te dis tout de ce « syndrome » qui n’est absolument pas une maladie et dont on peut se débarrasser !

Le syndrome de l’imposteur.e, c’est quoi ?

On appelle « syndrome » de l’imposteur.e le fait d’attribuer ses succès à une source extérieure à soi (les autres, la chance, le hasard, la facilité…) et à l’inverse d’attribuer ses erreurs à soi-même (notamment à ses soit-disant « incompétences », « manque » d’intelligence, de connaissance …). Cela déclenche ensuite en soi un fort sentiment d’illégitimité et de culpabilité.

« Puisque je ne suis pas à l’origine du succès que j’ai rencontré, je ne le mérite pas et par mon silence je mens aux autres qui finiront tôt ou tard par le découvrir et m’en vouloir. » Voilà ce que l’on se dit.

Cependant le « syndrome » de l’imposteur n’est pas lié à une maladie ! En général, un syndrome est le prémisse de ce qui permettra d’identifier une maladie. Dans notre cas, il n’y a pas de maladie à détecter, ni à soigner. Il faudrait donc plutôt parler de « phénomène ».

Car le phénomène de l’imposteur.e est davantage un ressenti, plus ou moins intense en fonction de chacun, qui se déclenche en nous (dans notre tête et/ou dans notre corps) en réaction à un évènement.

C’est une sensation qui peut nous toucher tous à un ou plusieurs moment(s) de notre vie. D’ailleurs, près de 70% de la population a déjà été confrontée à ce phénomène à (au moins) 1 moment de sa vie.

Le phénomène de l’imposteur.e repose sur 3 piliers principaux :
l’impression de tromper son entourage : c’est-à-dire le sentiment de ne pas être à la hauteur, de ne pas mériter sa place actuelle
la mauvaise attribution : expliquer sa situation par des facteurs externes (la chance, le hasard, une erreur avantageuse, les relations, la « facilité » de la tâche)
la peur d’être démasqué.e par les autres : malgré le fait que tous les indices objectifs d’intelligence et de compétence soient là, être malgré tout soumis à la peur irrationnelle qu’un jour ou l’autre, la « vérité » que l’on s’imagine soit découverte

Lorsque ces 3 facteurs sont réunis, alors on peut parler du phénomène (ou syndrome) de l’imposteur.e.

Celui ou celle qui vit ce phénomène de l’imposteur n’est pas un.e véritable imposteur.e, parce qu’un.e véritable imposteur.e va délibérement tromper les autres. Ce qui prime chez lui ou elle, c’est la volonté d’abuser de la morale, de la confiance de l’autre. C’est justement en cela qu’iel n’est pas légitime.
Par exemple dans le film « Catch me if you can« , Leonardo Di Caprio s’amuse sans arrêt à échapper au FBI tout en pouvant devenir « n’importe qui » et surtout une personne qui « impose le respect » (médecin, avocat …) et donc à qui l’on accorde, sans remise en question, sa confiance.

Le syndrome de l’imposteur.e, c’est quoi ?

Que faire pour reconnaitre le « syndrome » de l’imposteur.e ?

Les personnes qui sont le plus souvent touchées par le phénomène de l’imposteur.e possède une, voire plusieurs de ces 5 caractéristiques :

  • une vision fixe et « rigide » de la performance et de l’intelligence : leur définition de ces compétences est établie de manière forte et sans possibilité d’évoluer.
    Dans ce cas, iels ne voient pas l’intelligence comme une compétence qui évolue au fil du temps, avec les rencontres et l’expérience, notamment en apprenant de ses erreurs et en s’améliorant continuellement. Mais iels ont plutôt tendance à voir les choses comme étant « blanches ou noires », « tout ou rien »… Sans demi-mesure.
    C’est pourquoi iels se voient donc comme étant soit compétent.e.s, soit un.e imposteur.e.s.
  • l’habitude de dénigrer ses compétences : se sous-évaluer ou se dévaloriser soi-même (ses compétences et son intelligence). Mais aussi sous-estimer le niveau exigé en pensant qu’il est plus bas que la moyenne plutôt que d’accepter que ce soit ses propres compétences qui soient au-dessus de la moyenne.
  • une forte anxiété : soit généralisée (c’est-à-dire en toute circonstance même à un niveau modéré), soit plus spécifiquement et intensément lors de rencontres, où on a peur d’être jugé.e sur son intelligence ou ses compétences.
  • la peur de l’échec : qui va se caractériser par le fait que comme celui ou celle qui ressent le phénomène de l’imposteur.e dévalorise ses propres compétences et intelligence et pense que les autres se font une image sur-valorisée de ce qu’iel est. Alors iel court forcément droit à l’échec, qu’il ne peut pas en être autrement sauf par le fruit du hasard ou de la chance. Car iel est persuadé.e de se voir tel qu’iel est vraiment, contrairement aux autres.
  • mais aussi la culpabilité en cas de réussite : car puisque sa réussite ne peut être liée qu’à une cause extérieur à iel-même (la chance, le hasard, une autre personne…). Celui ou celle qui vit le phénomène de l’imposteur.e, ressent un fort sentiment de culpabilité à ce moment-là de se voir attribuer un succès, des mérites qu’iel ne pense pas lui revenir.
    De plus comme iel ne se sent pas en maîtrise des éléments qui ont permis son succès, alors que ce sont pourtant bien ses compétences et son intelligence; iel a peur de ne pas être capable de reproduire à nouveau cette même réussite ou qu’on lui en demande davantage par la suite.

La Doctoresse Pauline Rose Clance, à l’origine de l’étude sur le phénomène de l’imposteur a établit que nous rencontrons tous, à un moment donné de notre vie, ce ressenti. Il se manifeste de manière plus ou moins intense et plus ou moins fréquemment chez chacun.

Lorsqu’il se manifeste, nous entrons dans ce qu’elle appelle « le cycle de l’imposteur.e« .
Et se met alors en place une mécanique qui va justement alimenter cette faible confiance et estime de soi en 3 étapes :

  • 1ère étape : on nous attribue une tâche à réaliser qui génère en nous de l’anxiété.
  • 2ème étape : cette anxiété que nous ressentons est provoquée par la peur de l’échec, de l’évaluation (donc de la critique) ou bien celle de la réussite
  • 3ème étape : on choisit soit l’auto-sabotage via la procrastination, soit le travail frénétique pour se persuader que, si on y arrive, on ne puisse pas s’attribuer le mérite de cette réussite

Pour comprendre en quoi l’auto-sabotage (et donc la procrastination) fonctionne, je t’invite à lire mon précédent article « comment arrêter de procrastiner« .
En revanche, voici en quoi le travail frénétique impact notre estime de soi : pour être sûr.e de réussir, lorsque l’on doute de ses compétences et de son intelligence, on va s’y mettre à 100 ou 200%. Et on finira par accorder sa réussite soit à la facilité du niveau attendu, soit à la dévalorisation de son intelligence en expliquant que justement c’est parce que l’on a travaillé dur que l’on a pu y arriver.

Mais les personnes qui font régulièrement face au phénomène de l’imposteur sont des personnes vraiment intelligentes et compétentes. Donc elles finissent toujours par réussir 😀

Que faire pour reconnaitre le « syndrome » de l’imposteur.e ?

Que faire quand le « syndrome » de l’imposteur.e survient ?

Etant donné que le premier effet du phénomène de l’imposteur est un pic d’anxiété, la première chose à faire est d’essayer de faire baisser son niveau de stress. Car il empêche de prendre du recul sur la situation, de dédramatiser l’enjeu et d’avoir confiance en ses compétences et ses capacités intellectuelles.
Ce pic de stress est souvent l’expression d‘une forte anticipation liée à la tâche que l’on vient de t’attribuer et ses répercussions sur plusieurs semaines, mois voire années, ou de la supposition de ce que les autres pensent, croient ou attendent de toi.

Dans ces cas-là, il est essentiel de se ramener à l’instant présent, à soi et à des faits positifs. Pour cela, tu peux utiliser des méthodes de relaxation, comme la sophrologie, la méditation, la respiration en conscience, la visualisation, la musique … et tu peux te demander factuellement « Qu’est-ce que je sais déjà aujourd’hui ? Et qu’est-ce que MOI je pense faire bien ? ».

Une fois ton niveau de stress régulé, il va être important de travailler sur ta confiance en toi. Voici plusieurs techniques :

  • lister factuellement tout ce que tu as déjà accompli : en étant objecti.f/ve face à tes réussites, cela permet de rependre du recul sur ton évolution (donc d’être moins rigide et fixe) et de prendre conscience de ce que tu vaux.
  • se concentrer sur le positif : on a tendance à ne voir que les aspects négatifs de ses aptitudes et compétences (par exemple avoir plus conscience de tout ce que l’on ne sait pas VS de tout ce qu’on a déjà appris) ou sur une situation (voir tous les points qu’on n’a pas réussi à faire comme on voulait, plutôt que ce qu’on a bien réussi à faire). Cela va t’aider à rééquilibrer la balance, car il y a forcément du positif en toi 🙂
  • noter tous les compliments reçus pour pouvoir les relire : ne pas réussir à accepter les compliments, les remerciements, les félicitations sur le moment est un indicateur fort de la présence du phénomène de l’imposteur.e. Car à ce moment-là, on pense plutôt aux répercussions futures que cela pourrait avoir et donc, notre réflexe de se dévaloriser prend le dessus.
    « ils vont me donner plus de responsabilité et comme je ne serais pas capable de les réussir, ils seront déçus et je les aurais trompés. »
    Relire les compliments reçus permet ainsi de valoriser ce que les autres reconnaissent comme étant ton potentiel, même si cela te semble « normal », « classique », ou « basique ». Car c’est important de faire confiance au potentiel que les autres voient en toi.
  • dédramatiser l’échec : l’échec est une énorme source d’apprentissage, pas une preuve d’incompétence ou d’imposture. Il faut plutôt le voir comme une étape vers la réussite. On a le droit de douter, on a le droit d’avoir des sentiments d’imposteur.e, et on a le droit d’en parler. Comme tout être humain, on est faillible et imparfait.e.
    Si tu ne sais pas comment gérer tes doutes, tu peux relire mon article « comment réussir à faire taire ses doutes ? »
  • tenir un journal : l’écriture est un excellent moyen d’analyser avec du recul une situation qui nous a échappée. Cela te permettra ainsi de comprendre quand et à quel moment ce phénomène se déclenche chez toi. Car le phénomène de l’imposteur.e est propre à chacun.
  • ne pas se comparer aux autres : car on a tendance ainsi à ne voir que les différences dévalorisantes pour soi, sans prendre en compte le fait que chacun avance à son propre rythme et n’a pas le même caractère, ni ne part avec les mêmes « chances » dans la vie.
    En revanche en listant ce que tu as déjà accompli, tu peux ainsi te « comparer » à toi-même. Et te demander où tu en es par rapport à qui tu étais hier. As-tu évolué, t’es-tu amélioré.e ?
  • en parler pour lever le secret : le phénomène de l’imposteur.e s’auto-alimente au travers d’un sentiment de honte. On a l’impression d’être « clandestin », « illégitime »… En en parlant autour de soi, c’est le meilleur moyen de se rendre compte qu’il y a d’autres personnes qui se sentent concernées par ce phénomène.

Enfin il est primordial de considérer ce phénomène de l’imposteur.e tel qu’il est vraiment : comme un ressenti et non un fait !
Car les véritables imposteur.e.s ne se posent pas la question de leur légitimité, alors que les personnes qui sont vraiment compétentes et intelligentes vont justement douter.
C’est donc ta capacité à douter de toi qui te rend humain.e et légitimement faillible.

Et surtout, il ne s’agit pas du tout d’une pathologie, qui nécessiterait d’en être guéri.e. Bien que les symptômes ressentis, comme l’anxiété ou la dépression qui peuvent en découler, peuvent faire croire à des symptômes psycho-sociaux.
En revanche, il est tout à fait possible d’atténuer les effets du phénomène de l’imposteur.e et au fil du temps, avec l’expérience et l’habitude, de s’en débarrasser.

Que faire quand le « syndrome » de l’imposteur.e survient ?

Et pour finir

Je te laisse sur ces recommandations :
– Podcast : In Power – épisode « @MeganVlt – Dépasser le syndrome de l’imposteur »
– Podcast : Emotions – épisode « Le syndrome de l’imposteur : pourquoi nous hante-t-il ? » 
– Podcast : Change ma vie : Outils pour l’esprit – épisode 104 « Le syndrome de l’imposteur »
Test du Syndrome de l’Imposteur (en Anglais) par la Dr Pauline Rose Clance (Ph.D.)

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